Manif 31 oct 2014

Handi-Capable : Dans la rue contre l’austérité

Publié le 31 octobre 2014 à 23h43 | Mis à jour le 31 octobre 2014 à 23h43 

Manif

Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Les mesures d’austérité que s’apprête à annoncer le gouvernement Couillard ont mobilisé près de 800 manifestants vendredi dans les rues de Sherbrooke, venus dénoncer ce qu’ils appellent le «carnage» et «le massacre à la libérale» des services publics.

Partie de l’école Mitchell, la manifestation tenue sur l’heure du dîner s’est arrêtée en cours de route devant l’édifice Yvette-Rousseau, rue Belvédère Nord, qui regroupe divers services du gouvernement du Québec, devant le Centre de formation pour adultes Saint-Michel, dans la côte King, pour finalement s’arrêter au carré Strathcona, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke.
Outre les principaux syndicats de la fonction publique (FTQ, CSN, CSQ, etc.), on retrouvait parmi les manifestants plusieurs représentants des milieux communautaires et du mouvement étudiant.
Qu’il s’agisse des compressions déjà en vigueur dans le milieu de l’éducation, celles à venir dans la santé et les services sociaux ou encore les modifications aux régimes de retraite, les manifestants ont voulu dénoncer «le démantèlement des services publics» et ses effets sur la majorité de la population.

«Depuis 10 ans, les seuls qui se sont enrichis, ce sont les 10 pour cent les plus riches. Pour les autres 90 pour cent, ç’a été l’appauvrissement. C’est inacceptable», a lancé Mylène Boisvert, de Solidarité populaire Estrie, du parvis de l’hôtel de ville.
Selon elle, l’austérité un choix idéologique qui fait fi des autres moyens dont dispose le gouvernement pour atteindre l’équilibre budgétaire. Elle a cité les mesures fiscales préconisées par la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics qui permettraient au gouvernement d’obtenir 10 milliards $ par année pour financer les services publics et ainsi préserver la justice sociale.
Moins de services

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Membre fondatrice de l’organisme Handi-Capable, Sylvie Godbout a dit craindre que les mesures d’austérité à venir n’affectent encore davantage la vie des personnes handicapées.
«Ma plus grande crainte, c’est que le gouvernement se mette encore à couper dans le transport adapté et les services de maintien à domicile, exprimait-elle en attendant l’arrivée des manifestants devant l’hôtel de ville. Ils ont déjà coupé dans le maintien à domicile, s’il faut maintenant qu’ils coupent dans le transport adapté, ça va être un dur coup pour la vie sociale des personnes handicapées.»

Oeuvrant dans le milieu de la santé, Philip Danforth et Simon Bédard ont dit avoir joint les rangs de la manifestation pour dénoncer les effets contenus dans le projet de loi 10. «On va encore créer des mégastructures, des gros conseils d’administration remplis de cadres, qui vont couper aveuglément des postes, sauf les leurs, et couper dans les services aux patients», ont-ils déploré.
Militante de longue date et se présentant aujourd’hui comme une «grand-mère indignée», Sylvie Brunelle s’est dit inquiète de l’effritement du tissu social auquel devront faire face les générations à venir.
«Au rythme où vont les choses, on va laisser beaucoup moins à nos enfants et à nos petits enfants que ce qu’on a reçu. C’est ça qu’une grand-mère indignée est venue dénoncer. On va leur laisser beaucoup moins à tous les niveaux, au niveau de l’éducation, de la santé et de l’environnement. Tout ce qui va rester va profiter à une petite classe d’élite ou à un club de petits amis…»
Les organisateurs ont promis la tenue d’autres manifestations d’ici le dépôt du budget Leitao, dont celle du 29 novembre qui doit réunir des milliers de personnes sur la colline parlementaire à Québec.