| Notre mission |
|
Deux mots sont au cœur de la mission de Handi-capable : handicap et travail. Au fil des ans, ces deux réalités, être handicapé et avoir le goût du travail, ont solidement fusionné. Avant de voir la mission actuelle de Handi-capable, voyons tout d'abord comment l'organisme a vu le jour en 1976 et a évolué depuis. Quelques mots d'histoire Handi-capable débute dans un climat de défis en 1976 alors que des jeunes adultes handicapés physiques, étudiants de niveau universitaire ou collégial et gens de métiers, se regroupent sous le thème du travail. Ce sont des personnes déterminées qui organisent ensemble la base d'un projet de vie durable. En 1978, le groupe est devenu une organisation fonctionnelle de douze personnes. Il se donne le cadre juridique de coopérative d'action sociale avec le nom évocateur : La Fourmilière. Deux décennies plus tard, l'organisme se donnera un nom qui le définit publiquement sous un cadre juridique qui ne laisse plus aucune interprétation extérieure sur sa mission. L'organisation n'aura fait que maturer pendant des années et ses membres fondateurs y seront toujours présents. Au-delà de primes apparences, d'un nom et d'un cadre juridique nouveaux, l'organisme aura traversé 35 années de défis incessants. Le financement, le nerf de la guerre, tint au départ aux activités développées par les membres eux-mêmes et un maigre financement du ministère de l'Éducation. Les premiers dons sont recueillis lors d'un roule-thon et permettent de louer un local et d'acheter des outils et quelques équipements. Certains des membres de La Fourmilière apprennent le maniement d'outils à bois tandis que d'autres s'occupent de travaux de secrétariat ou tiennent une boutique où l'on peut vendre des plantes, de l'artisanat haïtien, du café et des jardinières en bois fabriquées sur place. Moins d'un an plus tard, la coopérative transporte ses pénates dans un atelier où la fabrication d'objets en bois devient une activité centrale. Des fonds sont nécessaires pour le développement du projet. Un dossier est préparé et remis à l'OPHQ qui vient de lancer un programme d'intégration au travail pour les personnes handicapées. Le projet d'atelier de fabrication d'articles en bois ne sera toutefois pas retenu par l'OPHQ. Les membres demeurent quand même solidaires dans leurs projets de vie. À la suite du refus de l'OPHQ, la coopérative engage une personne pour chercher une autre idée prometteuse. Cette personne établit des liens avec un chercheur de l'Université de Sherbrooke qui a conçu un bloc de culture pour des plantes cultivées en serre dont il donne le mode de production à la coopérative : un espoir commun. Les premiers essais de production de plantes à partir du bloc de culture sont toutefois décevants. Un technicien en agronomie est alors engagé pour mettre au point une formule nutritive convenant à la culture des tomates et des concombres en serre. Des expériences de culture sous néon donnent enfin d'excellents résultats. Le produit est lancé sous le nom d'Écono-Mix. La vente des blocs Écono-Mix remporte un tel succès que l'OPHQ se dit prêt à financer des emplois. Toutefois, les membres doivent douloureusement renoncer à ce projet d'envergure parce que le coût de transport des blocs aux divers points de vente limite le marché au Québec et ne permet pas de soutenir la compétition. Dans les conditions administratives qui prévalent, l'entreprise ne pourrait pas financer l'emploi des travailleurs handicapés de la coopérative au-delà d'une dizaine de semaines par année. Un coup d'envoi trop court, voué à l'échec. C'est insuffisant. La situation économique arrache la petite Fourmilière à ses espoirs entrepreneuriaux. En l'an dix Deux années (1976-78) d'organisation entre personnes handicapées physiques servirent à mettre en œuvre le projet de fixer l'organisme sous un premier cadre juridique. Ensuite, pendant sept autres années, le temps suivit un cours normal dans une chaleureuse atmosphère de travail où les valeurs propres à ce milieu particulier fondé et soutenu par des personnes handicapées physiques se précisèrent. L'accessible fut ainsi défini en des projets de vie. La Fourmilière est déjà un organisme volontaire d'éducation populaire que finance le ministère de l'Éducation du Québec (MEQ) dès 1978 et un organisme communautaire autonome. Dans une solide lutte pour la survie, sa mission s'est précisée et développée. Au départ, il y a toujours eu deux notions bien distinctes dans les discours des travailleurs : travail et emploi. Se sentir utile par et dans le travail l'emportera nettement sur la notion simple d'emploi rémunéré. Les valeurs nobles liées au travail sont les clés de voûte du discours des pairs entre eux et de la reconnaissance par le milieu de vie... de leurs projets. Si les efforts pour devenir son propre employeur échouèrent, la volonté solidaire de se constituer en milieu de vie a réussi. Et ceux qui, au fil du temps, trouvèrent de l'emploi demeurèrent solidaires avec ceux qui, n'en trouvant pas, maintinrent la voie ouverte aux projets de vie et au travail non rémunéré. Vers 1985, La Fourmilière affine son action. Des services gouvernementaux tels ceux des SEMO ou des CAMO se mettent en place pour desservir la main-d'œuvre handicapée. La Fourmilière décide de maintenir un milieu de vie pour des personnes handicapées physiques adultes qui, pour la plupart sans emploi, s'activent productivement à des projets de vie. Les membres se rencontrent, s'entraident et partagent. Un des membres de la coopérative est engagé pour entreprendre une vaste recherche-action sur les aides à la vie quotidienne à laquelle participent plusieurs autres. Il s'agit de s'offrir des possibilités de vie plus autonome. Une partie des résultats de cette recherche se retrouve dans le livre Les trouvailles de Claude et de ses amis. Aussi, les notions de vie quotidienne autonome, de travail non rémunéré et de projets de vie avaient évincé la dualité entre travail et emploi rémunéré. En 1999, la coopérative pour personnes handicapées physiques La Fourmilière ne travaille plus à la création d'emplois (ou à l'employabilité) depuis 14 ans (1985). Elle a développé un milieu de vie pour travailleurs handicapés physiques, qu'ils soient des employés ou pas. Inspirée par les valeurs nobles liées au travail et axée sur la santé globale de ses membres, l'organisation se donne un cadre juridique en 2000; un cadre juridique qui ne prête plus à confusion sur ses orientations qui sont entièrement celles d'un organisme sans but lucratif depuis 1985. L'organisation de 1976-78 se donne donc un organe de services (son bureau) qui se doit de traduire explicitement sa mission en santé et en services sociaux. Organiquement, sous deux cadres juridiques (coopérative et OSBL), il n'y a qu'une seule réalité organique, une seule organisation qui poursuit son existence depuis 1976-78. La naissance de Handi-capable En Estrie, malgré que l'intégration en emploi des personnes handicapées physiques capables d'occuper un emploi sur des postes adaptés (à adapter) soit prise en charge par Trav'Action (1985), le marché de l'emploi demeure toujours fermé à la strate la plus importante de la population handicapée physique, c'est-à-dire celle désireuse d'un emploi, mais ne pouvant y accéder pour cause d'incapacités physiques. Cette réalité n'est pas prise en charge par le système public de la Santé et des Services sociaux si ce n'est pour certains cas lourds (traumatisés crâniens sévères ou handicapés physiques avec autres troubles sévères associés) et isolés. C'est donc pour une reconnaissance de ses besoins en santé et en service sociaux que La Fourmilière crée Handi-capable en 1999 et l'incorpore (2000) en un organisme de bienfaisance capable de recevoir des dons de charité et d'émettre des reçus pour fins fiscales; la coopérative ne pouvant être reconnue à ces fins. La Fourmilière a toujours œuvré en santé et en services sociaux, mais sa structure juridique (coop) lui nuit en laissant aux bailleurs de fonds cette impression fausse qu'elle travaille à l'enrichissement ($) de ses membres. La mission de Handi-capable Le premier travail commandé par La Fourmilière à Handi-capable est de traduire en objets explicites, en un vocabulaire propre au réseau de la Santé et des Services sociaux, les objets entretenus et soutenus par elle depuis 1976-78. De plus, les tâches soumises par la Coopérative à Handi-capable sont d'exécuter toutes les commandes passées par son conseil d'administration et de ne répondre qu'à son autorité. Organiquement, La Fourmilière et Handi-capable ne forment alors qu'un seul organisme ayant deux cadres juridiques différents, mais le même membership. Tous les membres de Handi-capable sont ceux de l'organisation de La Fourmilière jusqu'à la dissolution du cadre juridique de la Coopérative. Ainsi, d'autres membres continueront de s'ajouter à l'organisation après 2007. Ces derniers n'auront jamais été enregistrés aux deux organismes à la fois. En 2007, tout juste avant la dissolution du cadre juridique de La Fourmilière (coopérative), le SACAIS demande à l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie de recevoir le transfert du financement de La Fourmilière, ce maigre financement perçu du ministère de l'Éducation depuis 1978 et de le remettre de manière récurrente à Handi-capable puisqu'il s'agit, dans les faits, que d'un seul et même organisme relevant ostensiblement de la Santé et des Services sociaux. Cette même année (2007) et sur cette proposition, l'Agence accepte de procéder au transfert du financement de La Fourmilière vers Handi-capable et reconnaît 29 années d'existence à Handi-capable qui conserve pour autre nom d'usage, La Fourmilière. De 1976 jusqu'à 2012, Handi-capable organise - accompagne ses membres dans leurs projets de vie en les aidant à produire à la mesure de leurs capacités tout en partageant avec leurs pairs et à être compris des autres personnes handicapées physiques - un milieu de vie... sans hantise du rejet pour cause d'incapacités, des différences... et permet de s'intégrer socialement. Ce milieu brise l'isolement et actualise les projets de vie des membres. Une particularité Parmi les membres, la venue des Autochtones Métis handicapés physiques eut des conséquences inattendues. Dans un premier partage culturel historique au Québec, l'esprit coopérant et celui de la Santé et des Services sociaux a fusionné avec celui des Autochtones Métis handicapés physiques. Suivant le principe autochtone des réalités indivises, on y a adopté une vision holistique du travail, des projets de vie, celle du Grand Cercle (de Vie). Dans ce cercle, chacun transmet aux autres les réalités de son monde par ses activités de travail et ses projets de vie. Notons que la vaillance (détermination et dépassement) est la vertu première des Autochtones. Des mondes expérientiels différents ont créé un milieu peu ordinaire. L'administration de Handi‑capable y tient toujours un rôle accessoire et ce sont les relations d'aide et d'entraide qui sont au cœur de la grande place. L'arrivée lente, mais constante depuis 1976 et ensuite plus accélérée depuis 1999, de nouveaux membres a confirmé cette orientation sans retour vers une normalité sociale où des personnes handicapées physiques ont décidé de faire leur place bien à elles, par elles-mêmes et en n'attendant pas qu'on la leur accorde. En résumé, la mission de Handi-capable fut et demeure dans sa contribution constante au mieux-être de ses membres en s'investissant pleinement en des projets santé (projets de vie).
Écoutez une entrevue de deux de nos membres invités à s'exprimer sur les ondes de CFLX à propos de la mission de Handi-capable et de leur façon de concevoir le travail en tant que personnes handicapées : http://www.handi-capable.net/medias/136-illusion-emploi. |
| Accueil |
| Notre mission |
| L'administration |
| Quelques membres du réseau |
| Nous joindre |
| Devenir membre |
| Faire un don |
| Avis important - Droit d'auteur |
| Le journal de Francis |
| Le CHAT de Marc |
| Le 2 pour nous deux |
| Quoi de neuf |
| Au son du tambour |
| Le 3 pour toi et moi |
| La pauvreté des personnes handicapées |
| Le Maxi-catalogue |
| Les trouvailles de Claude et de Norah |
| Les services pour les personnes handicapées |
| Le Maxi-catalogue : les fournisseurs |
| Médias |
| Nos membres |
| Les activités |
| Les liens |